Une rentrée gravée à jamais

Une rentrée gravée à jamais

mail du 04/09/12 adressé à mon oncle


Pervers narcissique et ses conséquences

Une rentrée gravée à jamais


La rentrée des classes… grand moment de douleur mais pour d’autres motifs que ceux auxquels on est en droit de s’attendre.

Comme tous les ans j’étais présente (quand c’était ma semaine ou non j’étais là pour accompagner mes enfants parce qu’une rentrée des classes est toujours un événement).
Donc comme tous les ans je m’étais préparée à tout venant du papa et de sa putain.
Sauf que cette rentrée là est bien différente des autres. Mon fils rentre en CP, je n’ai pas vu mes petits, la chaire de ma chaire, depuis cinq longues et interminables semaines, je n’en ai plus la garde même partagée.
Bref, autant de choses que tu sais déjà.

 

Les enfants respirent la joie de vivre 

Tristes retrouvailles

Les revoir et les serrer dans mes bras, les bisouiller, leur tenir la main, leur parler, les écouter, entendre leur petite voix, regarder leur sourire, sentir leur petit corps quand ils sont dans mes bras et les humer pour bien m’imprégner de leur odeur…
Autant de choses qui déchireraient le cœur de bonheur de n’importe quelle maman qui retrouve ses petits.

Autant de choses que j’ai faites… en partie.

Mon fils est venu à ma rencontre avec un petit sourire et les bisouilles étaient rapides et furtives.
Ma fille s’est jetée dans mes bras en larmes avec comme leitmotiv “Maman, viens me chercher maman, viens me chercher.” Une boucle de cette consistance est particulièrement dure à entendre.
Je m’attendais à des larmes, pas à celles là. J’ai ravalé les miennes et tenu bon. Ne surtout pas craquer devant eux pour ne pas rendre la situation encore plus difficile.


Un timing bien calculé

La petite famille qui se dit exemplaire est arrivée tellement en retard que je n’aie pas pu accompagner ma princesse en classe car le grand jour de son frère avec une nouvelle maîtresse et de nouveaux futurs copains était pour moi primordial.
Si je n’avais pas été là, c’est la pseudo belle-mère de merde qui aurait géré ce premier jour.
C’est donc à contre cœur que je laisse repartir ma fille avec son père dans les étages de l’établissement. Il me l’arrachait une seconde fois.

 

Trouver sa place

Perdu

Mais je suis avec l’ainé et je lui pose des questions, lui demande comment il va, s’il est content de reprendre l’école etc…
Ses réponses n’ont qu’une syllabe quand ce ne sont pas des onomatopées.  La belle doche nous talonnant de près  je sens qu’il est mal à l’aise ne sachant où se positionner entre 
sa maman et celle qui prend ma place, perdu dans cette guerre des grands.

Vient le moment où il veut faire part des petits copains qu’il connaît et qu’il a repéré dans le rang. Mais pas à moi… Il m’a lâché la main pour se diriger vers l’autre. L’autre qui affiche son sourire triomphant d’avoir acquis une complicité avec un enfant qui n’est pas le sien.
Je ravale ma haine, mon chagrin, ma souffrance.

Évincée

Mais je suis toujours là, j’existe toujours et mon rôle de mère n’est pas à prendre. Je rapproche mon fils du début de la rangée histoire de l’éloigner un court instant de l’imposteur.
La maîtresse s’approche de nous. Elle me demande si je suis la maman de M. Je réponds par l’affirmative. Mange t-il à la cantine ce midi ? sera sa seconde question. “Je ne sais pas, il faut voir ça avec sa belle-mère (tout en la désignant négligemment), je n’en ai pas la garde”.

Tout était dit pour que je sois ignorée totalement de cette institutrice tout le reste de l’année. Elle ne s’adressait maintenant plus qu’à une femme que j’aurais volontiers décapité sur place. Et cette dernière, trop heureuse de répondre assez haut pour que je l’entende “Oui, c’est moi qui aie M. en charge”, toujours parée de son plus bôôôô sourire ! Parce que cet individu a oublié que le seul tuteur de mes enfants dans son couple est le papa. Elle n’est qu’une pièce rapportée.
Le père est de retour. Je les entends glousser à quelques pas de moi. Jouissez. Jouissez donc et que vous en creviez !
C’est au tour de M. de faire officiellement sa rentrée des classes. Il a passé la porte, il a tourné, je ne le vois plus. Je l’aime et il me manque putain.

 

Ne rien lâcher

Les deux autres restent plantés comme deux grues dans la cour, moi je décide de voir ma fille encore un peu.
Je monte les étages de l’entrée des maternelles, me dirige vers sa classe, demande à sa maîtresse Nathalie si je peux entrer lui faire un bisou. Ma requête est acceptée tout naturellement. L’institutrice connaît la situation même si celle-ci a encore évoluée en ma défaveur dans le courant de l’été. J’apprécie d’être considérée comme un parent et non pas comme un intrus.

Rassurer son enfant du mieux possible

J. me voit, se remet à pleurer et à reprendre son leitmotiv.
Oui ma chérie je vais venir te chercher. Vendredi, dans 3 dodos.
« Viens me chercher, maman. Je sais pourquoi j’aime pas papa, il tape tout le temps. Viens me chercher après le dodo de l’école. »
Par je ne sais quel miracle j’arrive à obtenir une ébauche de sourire triste qui aurait pu s’épanouir en vrai rire si la situation n’avait pas été aussi glauque.

 

Vivre encore

Je quitte la classe et rentre chez moi. Mon cœur est lourd et chargé d’émotions de toutes sortes. J’ai tellement serrer les poings et serrer les dents que sur le chemin du retour la douleur physique vient s’immiscer dans le flot des souffrances psychique.

Cette rentrée est gravée à tout jamais dans mon esprit. Aussi difficiles que soient les événements, l’air entre toujours dans nos poumons. Il faut continuer de lutter. Car vivre, à ce moment présent, est une lutte.
Le meilleur moyen de survivre est encore de préparer les vraies retrouvailles du week-end qui approche.

 

j’ai écouté Indila et son titre S.O.S pendant l’écriture de ce billet

Fin