Voyage de courte durée qui n’en finit plus

Voyage de courte durée qui n’en finit plus

Dans la lumière il y a toi, dans l’ombre il y a lui pourtant je n’en vois aucun.
Mes yeux scrutent l’horizon à ras de sol tournant le dos à tout, à tous.
Tout est figé ici. Même le silence est suspendu. Le moindre atome est en attente.
Dans cette vie en écho rien n’est pourtant semblable.
J’aimerais me débattre et hurler mais je reste inanimée comme la statue qui regarde passer le temps.
A s’attendrir sur chacun on finit par ne devenir qu’un pansement.
Je voudrais être davantage ou beaucoup moins pour n’être rien.
Puisque ma place est entre deux, je peux dire qu’elle n’est pas à envier.
Être tout ou n’être rien voilà qui est bien plus méritant.

Ne pas confondre avec l’entre-deux qui est une place tout aussi ingrate.
C’est un espace vide, oublié qui relie deux événements ;
un laps de temps ou d’actions qui ne mérite pas qu’on en détaille le contenu.

Je n’aime pas ce mot, l’entre-deux, qui évoque l’insignifiance, la transparence.
Pourtant, l’entre-deux est bien comblé par quelque chose.
Un capital pensé, un capital action, un capital vie…
Un capital que l’on a peut-être oublié mais qui a existé, qu’on ne peut renier.

Quelques idées confuses qui s’entremêlent les unes aux autres pour ne donner qu’un « pas grand-chose » qui me remplit la tête et encombre mon esprit.

© 2009 – Coryne Vezien

Dans le livre Amour, où es-tu ? ce texte s’intitule “douloureuse léthargie”.
“Voyage de courte durée qui n’en finit plus”, que je vous donne ici, est le texte original intégral.

Je n’en parlerai plus, le silence est trop grand

Je n’en parlerai plus, le silence est trop grand

J’ai attendu. Attendu une partie de la nuit et l’intégralité de ma journée aussi.

Attendu un mot, un signe qui n’est jamais arrivé. Mes yeux scrutaient tous les horizons en vain.

Je n’avais pas apporté de lilas à la manière de Brel mais un sourire, même si derrière l’écran les sourires ne se voient pas.

Puis, mon sourire est devenu grimace de ne pas avoir été consommé.

Et mes yeux, eux, brûlaient. Non pas de fatigue mais d’océan refoulé. Repoussant plus profondément mon enthousiasme d’écervelée.

J’ai attendu une fois encore, comme toutes ces autres fois, un mot, un signe qui n’est jamais arrivé et qui jamais n’arrivera.

L’évidence est là, depuis toujours, sous mes yeux fiévreux par trop d’aveuglement.

Je sais qu’une page doit se tourner pour clore ce chapitre mais l’addiction est trop forte et mon esprit refuse de lâcher prise, intimant à ma main de ne pas tenter le geste.

Pourtant il faudrait…

(16/11/08)

Paru dans Amour, où es-tu ?