Définir le format de sa publication.

 

Le choix du format peut sembler anodin pour certains comme il peut être une décision épineuse à prendre pour d’autres.
Pour ma part j’ai longtemps hésité avant de publier mon recueil de poésie.
Pourquoi ? Tout simplement parce que, pour moi, la poésie se lit dans un livre papier pour mieux s’imprégner des vers, des rimes, de l’atmosphère que peut dégager un poème. Vieux jeu ? Probable.
Et puis est venue l’heure où, même si le format papier restait mon premier choix, je devais me rendre à l’évidence : un livre d’une soixantaine de pages est-ce crédible ? Forte de ma seule opinion, je déclarais que non ! Stupide ? Probablement et pour plusieurs raisons dont je parlerai plus bas.
Me restait alors deux options : abandonner ou publier au format numérique.

  • abandonner : Quels sont les réels motifs de l’abandon dans ce contexte ? :
    – La frustration ?
    – Le doute de sa légitimité à publier ?
    – La trouille de sauter le pas alors que tout un univers s’ouvre à nous, celui de l’accomplissement ?
  • format numérique : Je n’ai absolument rien contre le numérique que je considère comme une grande trouvaille. Mais dans mon cas, la poésie est un genre littéraire qui ne se vend que peu alors un auteur inconnu qui fait de la poésie et qui en fait la publication en numérique… je ne pouvais que passer inaperçue !

Il a fallu quelques semaines et quelques coups de pieds aux fesses bien mérités pour que je me décide enfin.
Non pas dans le choix du format mais dans la publication.
Toujours convaincue que c’était stupide de se lancer dans le papier j’ai opté pour le fameux e-book.

Me voilà donc lancée, l’e-book publié et en phase de promotion (je reviendrai là-dessus aussi dans un prochain article, je pense que tu vas bien te marrer).
Evidemment c’est ici que ça devient glauque, puisque à ma grande surprise j’ai eu des demandes en format papier et uniquement en format papier ! D’un coup je me suis sentie très bête pour ne pas dire penaude !

Quelles erreurs avais-je commises ?

Au premier abord je répondrai aucune puisque le recueil est publié (et que, comme chacun sait, j’ai toujours raison !). Oui mais…

  • je me suis fait mon auto-sondage ! Très très mauvaise idée.
    Il y a encore les amoureux du papier et je n’en ai pas tenu compte. Je me suis simplement contentée de regarder la quantité de pages que contenait mon recueil. La blague !
    “- La valeur de mon travail en est-elle moindre ?
    – Non ! m’insurge.
    – Après tout, soixante pages en format A4 ça donne quoi en format poche ? me demande-je
    – heu…
    – Ben voilà ! “heu…” c’est pas une réponse. Donc tu te bouges pour contenter les lecteurs qui attendent après du papier !” me sermon-je.
    Comme vous pouvez vous en apercevoir, j’ai de puissantes conversations avec moi-même.
  • Je n’ai fait aucune recherche ! Ce n’est pourtant pas comme si je n’avais pas Internet ou que je n’avais pas accès à la médiathèque ou que les librairies soient inexistantes par chez moi. Nan, nan, c’est pire que ça !
    Je n’ai même pas eu l’idée de faire des recherches !!!
    Je vous accorde exactement 26 secondes pour me huer, rire et jeter des œufs pourris sur votre écran.

Puisqu’on en est à la phase des confidences, je vais vous avouer que si je n’avais pas eu ses demandes pour le format papier je ne m’y serais même pas intéressée et aurais continué mon petit train-train “tranquille, tout baigne”.

Il n’est jamais trop tard pour bien faire !

Comme on dit : on apprend de ses erreurs.
Et pour argumenter cette erreur je me devais de mettre les mains dans le cambouis en faisant ce que je n’avais pas fait c’est-à dire m’informer.

  • La médiathèque : Lors d’une visite inopiné dans ce lieu de culture, j’ai foncé plus vite que mon ombre dans le rayon poésie à la recherche du livre le moins épais (critère caractéristique de son volume. ce morceau de phrase ne veut strictement rien dire mais vous comprenez l’idée).
    Quelle n’a pas été ma… stupeur ? mon effroi ? ma surprise ? ma stupéfaction ? (pour être honnête je crois avoir ressenti tout ça en même temps) quand dans mes mains je tenais un livre de moins de 30 pages. Et ce n’était pas le seul à se cacher entre ses confrères plus imposants. Je n’en revenais pas.
  • Le sondage : C’est tout naturellement que je me suis tournée vers un groupe auquel je suis abonnée sur Facebook et qui n’est autre que «Accro aux livres».  Une communauté extraordinaire où règnent la bonne humeur, l’humour et l’amour du Livre (et qui accepte avec bienveillance les fautes en tout genre dans les commentaires des uns et des autres, c’est important de le signaler).statistiques
    Pour en revenir au sondage, j’avais bien pensé faire des statistiques super élaborées avec graphiques et camemberts mais voyant le temps filer, mon article stagner et mes médiocres compétences en mathématiques j’ai opté pour quelque chose de plus léger.
    Vous pouvez retrouver la question et ses réponses ici.

Après avoir tout bien décortiqué il en résulte que :

  1. Le livre papier l’emporte à la majorité
    irremplaçable, plus authentique, plaisir de voir les livres dans sa bibliothèque, le plaisir de toucher et tourner les pages, sentir l’odeur du livre sont les mots régulièrement employés par les partisans du format papier.
    Plus rarement, la raison évoquée est “l’âge du lecteur”. Comme nous l’explique Guillaume Lecler Deuxzérosetdemi, à la manière de Damien Saez avec son titre “Jeunes et cons”, Guillaume nous évoque cette notion d’attachement aux habitudes et peut-être aussi du refus de s’ouvrir aux progrès de la technologie. Son argumentation est de taille ! Je vous invite à la lire.
  2. La combinaison livre papier et numérique est entrée dans les mœurs
    Mais qu’on ne s’y trompe pas ! Si on voit le côté pratique du numérique pour le gain de place qu’il occasionne et la facilité d’emporter sa bibliothèque partout avec soi il n’en reste pas moins que le livre papier reste la préférence de tous.
    Quant aux personnes qui souffrent d’une invalidité les contraignant au numérique, bien tout est dit : ce n’est pas un choix de cœur.
  3. Le livre numérique seul a peu d’adeptes dans les réponses obtenues
    Peut-être aurais-je dû poser cette même question dans un groupe geek pour comparer les réponses et élargir le panel de mon enquête mais je n’y ai pas pensé !

En conclusion, et forte de cette expérience qui m’a appris beaucoup, je peux envisager plus sereinement de passer au format papier pour mon recueil.
Je remercie toutes celles et tous ceux qui  ont apportés leur pierre à l’édifice en prenant le temps de répondre à ma question.

merci

Share Button
0
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •