La folle journée de Margot

Rappel du fonctionnement des histoires participatives

La folle journée de Margot

©  2018 Coryne Vezien – Écrire… c’est toute une histoire !

Histoire participative où chaque épisode est créé avec les idées soumises par les internautes.
Un e-book gratuit, incluant le nom et le lien du site de chaque participant, sera proposé en téléchargement sur le blog quand l’histoite sera terminée.

Sommaire

  • Épisode 1 Par Coryne Vezien
  • Épisode 2  Par Coryne Vezien sur les idées de Béatrice, Milie et Marylin
  • Épisode 3  Par Coryne Vezien sur les idées de Marylin, Antoinette, Milie, Isabelle Minibulle et Camille
  • Épisode 4  En cours d’écriture

     Épisode 1

Par Coryne Vezien

Ce matin Grishka a eu le bon goût de sursauter sur le ventre de sa maîtresse, toutes griffes dehors, quand le réveil à cloches s’est mit en branle.

C’est ronchon, les yeux mi-clos, que Margot éteint l’engin de torture. Une vieillerie pour beaucoup, une raison indéniable de se réveiller pour la jeune femme ! D’autant qu’elle a prit soin de le placer au plus loin de sa table de nuit, l’obligeant à se redresser sur le lit pour mettre fin au supplice. Quand on est grosse dormeuse, toutes les solutions sont bonnes pour ne pas se rendormir. Qui peut supporter cette sonnerie plus de 10 secondes ?

Tout en se dirigeant vers l’espace cuisine du loft pour se faire son premier café de la journée, elle se frotte mollement l’endroit où le chat a très certainement laissé ses traces. D’ailleurs, il lui signifie son mécontentement, pour cette nouvelle acquisition qui l’a sorti du lit de façon très inconvenante, par des miaulements incessants.

― ” Si t’es pas content, mon vieux, ce soir tu peux dormir dans ton panier ou sur le canapé.” lui répond la jeune femme d’une voix lente et rauque de quelqu’un qui serait bien resté dans les bras de Morphée.

Avec des gestes mécaniques, elle rempli le réservoir d’eau de sa cafetière, enclenche le bouton pour la chauffer, insère une dosette de café fort, positionne son mug et fait couler le nectar quand le voyant de la machine passe du rouge au vert. La bonne odeur qui s’en échappe fini de la réveiller.

Margot jette un coup d’œil par la fenêtre. La matinée promet d’être ensoleillée donc belle.
En avril ne te découvre pas d’un fil.  Ce vieil adage, cent fois répété par sa défunte grand-mère, raisonne encore dans son esprit.
Un sourire nostalgique sur le visage, elle éteint la cafetière et attrape son mug bouillant de café en répondant mentalement Les nuisettes sont autorisées toute l’année grand’ma.

Grishka n’en a pas terminé de ses plaintes et lui tourne autour. Margot mi- agacée, mi-amusée lui rétorque, en le chassant du bout de son chausson :

― “Arrête de geindre ! Si tu veux faire ta révolution je peux te donner le numéro de la S.P.A et tu pourras faire toutes les revendications que tu veux ! Allez, laisse moi passer maintenant.”

Le chat ne l’entend pas de cette oreille et revient à la charge. Il entame une danse entre les mollets de Margot et rend sa progression difficile pour rejoindre le canapé à quelques pas de là.

Alors qu’elle se prépare à poser sa tasse sur le rebord de la table basse, elle perd l’équilibre en voulant éviter de marcher sur le félin.

― “Grishka ! Tu fais ch…”

Elle n’a pas le temps de finir sa phrase que le mug se renverse en éclaboussant jambes nues, canapé et sol pendant que Margot fait des moulinets avec ses bras pour tenter de se redresser.
Peine perdue pour la jeune femme qui, en moins de deux, se retrouve les quatre fers en l’air.

Elle frotte l’une de ses brûlures tout en se relevant.

― “Si j’te chope tu vas avoir chaud aux mousta…”

La sonnerie de l’interphone l’arrête net. Surprise, elle regarde la pendule accrochée sur le mur de la cuisine.

07h15 ! Qui vient me voir à cette heure là ? se demande-t-elle. C’est sûrement une erreur ou un mauvais plaisantin.

Quelques secondes passent avant que le bip s’élève à nouveau.

Du café plein les chaussons, la nuisette tâchée, les tibias rouges, les cheveux en désordre elle hésite à décrocher.

― “Oui ? finit-elle par répondre”

 

 

 

   Épisode 2

Par Coryne Vezien sur les idées de Béatrice, Milie et Marylin

Margot n’a qu’une pensée en tête pour éclaircir les autres : boire Son café !
Satané chat, je suis toute “caféinée” de l’extérieur mais aucun bénéfice pour mon esprit. Je vais être grochon. Pourquoi ai-je répondu ?
Mais elle redit ” oui” ?
” Bonjour, je suis Maelle, Maelle Ledour”.
Margot cherche dans sa mémoire. Son café lui manque. Elle répète le prénom ” Maelle, Maelle”… Et d’un coup, les images : la Bretagne, un hiver où elle s’était offert ce moment de quiétude. La plage déserte. Sauf cette femme avec ce bonnet rigolo tout bariolé qui ramassait les coquillages, les bois flottés qu’elle déposait avec d’infinies précautions dans un sac orangé, attitude toujours penchée, amenant à sa vue ces trésors déposés ou ramenés par les flots. Et elle, Margot, assise sur ce rocher, laissant couler le temps, à contempler les gestes des vagues, posant ses yeux sur cette femme, qui, bien ancrée dans son plaisir de quête des formes et des matières, semblait à chaque instant, béate de ses trouvailles. Soudain, leurs regards s’étaient rencontrés…

Ho non ! Mazette pas elle !!! pense-t-elle instantanément.

― Ouvre Margot, j’ai apporté les croissants !

De dépit, elle appui sur le bouton de l’interphone.

Maelle entre dans l’appartement et voit, en refermant la porte laissée entrouverte, son hôte occupée à nettoyer le sol couvert de café.

― Visite surprise ! dit l’invitée en soulevant son sachet de viennoiseries.

― Bonjour Maelle, lance alors Margot d’un ton peu avenant tout en continuant de s’activer pour réparer les dégâts provoqués par Grishka. Que me vaut ta visite matinale ?

― Je passais dans le coin et j’ai eu envie de te faire un coucou. J’ai croisé ton voisin de palier. Il avait les bras chargés de cartons je l’ai laissé passer avec moi.

Mais qu’est-ce qu’elle raconte la vieille ? fût la première question que se pose Margot quand elle se décide enfin à faire face à son interlocutrice. Elle la dévisage rapidement. Sa tenue était le modèle parfait pour partir faire un footing.

― J’ai pas de voisin de palier.

― Maintenant si, répond Maelle avec un petit sourire en se dirigeant vers le comptoir de la cuisine pour y déposer les croissants et préparer un café.

Margot n’en croit pas ses yeux. La femme qu’elle a rencontrée à l’automne dernier se croit chez elle ! Tant de familiarité ne lui ressemble pas.

― Vas te préparer, je m’occupe du petit déjeuner. Ta première tentative a visiblement fini sur tes chaussons…

― Maelle qu’est-ce que tu fais ici ? On est loin des plages bretonnes.

― Jacques a une exposition dans une rue derrière les Champs-Élysées. Elle dure tout le mois et comme d’habitude je l’accompagne.

Jacques et Maelle sont mariés depuis bientôt trente ans. Il est peintre surréaliste. Ses tableaux sont confectionnés avec des matières comme les coquillages, feuilles mortes, sable… et sa rentière d’épouse le suit partout.

― Et tu es venue en faisant ton jogging de Paris jusqu’en Seine-et-Marne ?

Maelle éclate de rire devant le ton ironique de Margot.

― On est à l’hôtel dans le centre ville. C’est en feuilletant mon carnet d’adresses que j’ai réalisé que tu habitais ici et me voilà.

― Écoute Maelle, ta visite m’aurait sûrement fait plaisir si elle ne tombait pas si mal. J’ai vraiment pas le temps pour t’accueillir à bras ouverts et papoter.

― Ce matin je m’occupe de toi. Tu préfères boire ton café avant la douche ? Viens t’assoir alors, il est prêt.

La jeune femme s’exécute et prend place sur un des tabourets du comptoir, attrape la tasse que Maelle lui tend et boit une gorgée. L’odeur du café lui fait toujours cet effet : apaisement instantané.

― Pourquoi avoir choisit un hôtel si éloigné de l’expo ? finit-elle par demander.

― Parce que mon fils emménage ici. Tu sais, Thomas, je t’en avais parlé je crois.

― Il peut pas vous héberger ?

― Il vit dans les cartons !!! Jacques expose, Thomas et moi on déballe.

Quatre coups frappés à la porte. Margot jette un œil à l’horloge murale. 7h27.

― Ha ! Voilà Thomas, dit joyeusement Maelle en allant ouvrir.

― Quoi ? s’offusque Margot en se levant pour accueillir ce nouvel intrus.

L’homme qui pénètre dans l’entrée doit bien faire dans les 1.90 mètre, un géant ! Son visage est caché par une barbe de quelques jours mais qui semble soigneusement entretenue.  Il est vêtu d’un jean et d’un t-shirt tout ce qui a de plus banal.
C’est d’une voix rauque qu’il salue les deux femmes.
Margot se sent ridicule et honteuse avec sa nuisette tâchée et ses cheveux en vrac.

― J’en ai fini avec les cartons, dit-il avec le sourire, je vous remercie pour votre proposition de café.

― Venez vous joindre à nous Thomas… Ho suis-je bête ! Je vous présente Margot, ma fille.

― En fait je m’appelle Kais. Enchanté, dit l’homme en tendant la main à la jeune femme.

― Mais enfin Maelle, qu’est-ce que tu racontes ???

― Tu pourrais au moins saluer notre invité !

― Nôtre invité ? Mais tu délires ! Jacques sait que tu es ici ?

― Évidemment ! C’est lui qui m’a déposé en voiture.

― Je vois que je vous dérange, je vais retourner déballer mes cartons s’empresse de dire Kais en voyant le malaise provoqué par son arrivée.

― Mais non, Thomas, restes avec nous et prenons ce café.

― Maelle, ce monsieur que tu as invité chez moi ne s’appelle pas Thomas et je ne suis pas ta fille !!!

― Tu ferais bien d’aller te changer, tu ne crois pas ? Regardes moi dans quel état tu reçois notre nouveau voisin !

Margot, affolée, plaque une main sur sa tête.
L’horloge affiche 7h29. Dans 31 minutes elle a rendez-vous avec un potentiel nouveau client sur skype pour un contrat de retranscriptions et la voilà entourée d’un homme qu’elle ne connait pas et d’une femme qui a perdu la tête !!!

Grishka, que la curiosité a fait sortir de sa cachette, a prit place sur le canapé et regarde cette scène étrange se dérouler devant lui.

 

 

 

 Épisode 3 

Par Coryne Vezien sur les idées de Marylin, Antoinette, Milie, Isabelle Minibulle et Camille

La situation, déjà surréaliste, prend une nouvelle tournure quand la jeune femme se met à entendre son chat lui parler.

― Ta panique te fait perdre du temps. Dans l’absolu, tu dois te préparer pour ton rendez-vous et mettre tous ces gens dehors pour optimiser ton entretien.

Margot pense perdre la tête. Elle regarde rapidement les deux indésirables qui se dirigent vers le bar de la cuisine et qui ne semblent pas avoir entendu un moindre mot venu de Grishka.

Elle voit Kais, très mal à l’aise, accepter le café que lui propose Maëlle.

La jeune femme se rapproche du félin et, tout en lui caressant la tête, lui demande tout bas :

― J’ai rêvé ou tu m’as parlé ?

― As-tu vraiment le temps pour ce genre de questions ?

― Mais pourquoi je ne t’ai jamais entendu avant ?

― Plus tard nous reparlerons de tout ça si tu le souhaites, dans l’immédiat tu as d’autres priorités et notamment celle de penser à toi.

Grishka sourit alors dans sa moustache et commence à se lécher le poil consciencieusement.

Totalement désarçonnée Margot rejoint ses pseudo invités dont l’un est en plein petit déjeuner et l’autre en mode nettoyage de la machine à café.

― Je suis désolée de faire votre connaissance dans ces conditions, dit la jeune femme sur le ton de la confidence en prenant place à côté de son nouveau voisin de palier. Finalement, votre présence est une bénédiction. J’ai un rendez-vous très important dans vingt minutes. Maëlle qui se prend pour votre mère et pour la mienne est arrivée à l’improviste tout à l’heure. Pourriez-vous lui faire la conversation pendant que je me prépare ? Prenez autant de café que vous voulez et servez-vous dans le sac de viennoiseries qu’elle a rapporté.

― Elle ne semble pas avoir toute sa tête. Vous la connaissez au moins ?

― Non… Enfin, si, enfin pas vraiment… S’il vous plaît.

― D’accord, je veux bien vous aider mais dépêchez-vous ! J’ai des cartons qui m’attendent.

― Je serai rapide, comptez sur moi.

― Et alors, tu ne finis pas ton café ? demande Maëlle en voyant la jeune femme se lever.

― Non, je vais suivre ton conseil, me préparer ! Bye, bye, doux nectar ! dit Margot en délaissant sa tasse des yeux avec nostalgie.

― Tu as raison ma Poupoune, je vais rester avec Kéké.

Kais réagit aussitôt en s’adressant à Margot

― Je suis comme vous, j’en apprends tous les jours.

Il ne pensait pas si bien dire.

Une fois sous la douche elle tourne le mitigeur. L’eau qui ruisselle sur sa peau détend ses muscles tendus. Elle soupire, souhaitant que tout l’épisode qui a précédé ce moment n’ait jamais existé.

Bam, bam, bam.

― Sortez, sortez tout de suite !

Les coups frappés à la porte de la salle de bain ne lui laissent même pas le temps de se savonner. Elle coupe l’eau précipitamment, enfile sa sortie de bain à toute allure et ouvre la porte sur un Kais complètement affolé.

― Vous avez bien parlé d’un Jacques tout à l’heure ?

― Oui, c’est son mari, où est le problème ?

― Il vient de lui téléphoner et elle ne l’a pas reconnu. Elle lui a raccroché au nez !!!

Margot réfléchit à toute vitesse. Sans café et sans douche digne de ce nom ses idées ont du mal à se mettre en place.

― C’est une bonne chose qu’il ait téléphoné, finit-elle par répondre. Arrangez-vous pour lui prendre son portable et rappeler Jacques pour l’informer de la situation.

― Mais j’ai pas envie de faire ça moi !

― Vous préférez l’avoir dans les pattes toute la journée ? Non. La solution qui s’offre à nous c’est qu’il vienne la chercher !

Sur ces derniers mots, Margot referme sèchement la porte.

C’est habillée, cette fois, que la jeune femme reparaît. Maëlle est installée sur le canapé, seule.

― Où est Kais… heu, je veux dire Thomas ? demande-t-elle en panique.

― Il a paru vexé quand je lui ai reparlé de l’histoire de son petit Kéké, dit Maëlle en souriant à pleines dents. Il a pris mon téléphone pour en discuter avec papa.

― Ben je vois que t’as fait dans la finesse ! Et il est où là ?

― Il est reparti chez lui. Il voulait être seul pour parler d’homme à homme, tu sais comme ils sont.

― Regarde l’heure, ronronne Grishka, tu vas être en retard à ton rendez-vous. Va lui trouver une occupation chez le voisin. Il sera sûrement ravi d’avoir des bras pour l’aider dans son nouvel appartement.

7H53. Elle n’a plus le temps de tergiverser, son chat a raison.

― C’est un vrai moulin à ronron ce greffier, dit Maëlle. Il n’arrête pas…

― Oui, il est très câlin. J’ai une idée, si tu veux savoir de quoi parlent Jacques et Kéké pourquoi tu n’irais pas lui proposer ton aide pour déballer ses cartons ? Allez, viens, on y va, enchaîne la jeune femme en se dirigeant vers l’entrée.

― Ça va pas être possible, là, dit Thomas dans l’embrasure de la porte que Maëlle avait forcée de l’épaule pour se frayer un chemin dans l’appartement. J’ai appelé Jacques, comme vous me l’avez demandé et devinez ? Il n’expose pas à Paris. D’ailleurs, en ce moment, il n’expose pas tout court.

– Okay. Bon. Je comprends que la situation soit compliquée pour vous. Elle l’est encore plus pour moi, croyez-moi. Vous n’avez que des cartons à déballer, moi j’ai un entretien dans les minutes qui arrivent ! Occupez-vous d’elle pendant une petite heure, le temps de mon rendez-vous. Après je prends le relais et vous me raconterez tout ce que Jacques vous a dit.

– Mais non.

– Mais si, si, je vous invite au restau au coin de la rue pour me faire pardonner et vous remercier. Un libanais, vous m’en direz des nouvelles. Vous n’aurez pas le temps de cuisiner aujourd’hui de toute façon.

– Un libanais, c’est très bon ça, j’adore le libanais !

– Oui, c’est ça Maëlle. Je reviens te chercher toute à l’heure.

La jeune femme retourne chez elle sans écouter les protestations de son voisin. Elle allume son ordinateur et se prépare mentalement à négocier son contrat. Elle souffle un bon coup en espérant de toutes ses forces ne pas être dérangée pendant sa visio puis accepte l’appel Skype qui s’affiche à l’écran.

À suivre…

 

 

 

 

 Épisode 4

En cours d’écriture

Histoire participative où chaque épisode est créé avec les idées soumises par les internautes.
Un e-book gratuit, incluant le nom et le lien du site de chaque participant, sera proposé en téléchargement sur le blog quand l’histoire sera terminée.

 

 

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14 comments / Add your comment below

    1. 😀 Je sais pas ce que tu en penses mais je crois que Maelle joue un rôle important. Merci de l’avoir propulser dans l’histoire.
      La journée de Margot ne fait que démarrer lol je sais pas à quoi je dois m’attendre :’-)

  1. Chouette idée ! Et mettre en avant tous ceux qui participent d’une façon ou d’une autre à la fin c’est vraiment génial. Merci pour ta générosité.

    Utilisateurs qui ont aimé ce commentaire:

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    1. Merci Marylin 🙂 J’ai eu l’envie, pour ne pas dire le besoin, de créer quelque chose de vivant. C’est chose faite 😉

La parole est à toi :)

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